Nicolas Laveaud

Vigneron de la 4ème génération

L’ingéniosité au service du temps

L’histoire de Nicolas se confond avec celles des vignes au milieu desquelles il vit. Constances de son paysage, de son environnement, leur culture, leur croissance, leurs fruits et la transformation des grappes rythment et balisent sa vie depuis son enfance. Les travaux dans les vignes familiales ont financé ses escapades et ses loisirs d’adolescent. Le Pineau participe à ses premières soirées.

Mais le temps passé à tailler la vigne, à tirer les bois détourne Nicolas des métiers de la terre. L’école n’étant pas pour autant son lieu de prédilection, il entre en apprentissage pour 2 ans à Royan et obtient un CAP puis un BEP de carrossier. Rapidement, la lassitude s’installe et réveille une envie d’indépendance, de liberté. Sa mère lui présente les avantages d’une exploitation viticole. Il en connaît déjà les inconvénients. Nicolas réfléchit… et se lance.

Rapidement, il passe son Brevet Professionnel “Responsable d’Exploitation Agricole” et achète ses cinq premiers hectares de vigne, avant d’en prendre deux autres en fermage. Une maison à construire, des investissements à rembourser… Nicolas confesse un attachement pour son canapé que vient pourtant démentir les nombreux travaux qu’il effectue pour faire face à ses responsabilités. Le temps qu’il ne passe pas dans ses vignes, il terrasse, creuse, bétonne, construit…

Pendant trois ans, il accumule les heures de labeur mais surtout connaissances et compétences. Ça change des vignes, ça varie, dit-il… Il camoufle le courage implicite et la pénibilité de ces heures accumulées, sous couvert de lutter contre la monotonie et la répétitivité. Légèreté et désinvolture pour faire oublier l’implication et la persévérance de rigueur quand on choisit de vivre la terre.

La pudeur de Nicolas le pousse certainement à taire les raisons profondes, les sentiments, les passions qui l’animent.

Pour autant, il ne cache pas que la rentabilité de la production des eaux-de-vie a constitué un premier attrait. Dans une pirouette, il met en avant la liberté de travailler sans personne derrière, sa passion pour les “grosses machines”, son envie de “faire de la bonne gnôle” pour masquer les intuitions et les stratagèmes qu’il développe. Nicolas a choisi de se différencier en distillant la lie. Là encore, il masque sous l’intérêt pécunier et une flemme déguisée l’ingéniosité et l’attention que nécessite ce procédé.

Chez Nicolas, rien ne se perd, tout se transforme… Il allie le bon sens paysan à l’esprit imaginatif qui caractérise les membres de la Famille Guérin. Un système d’échangeur thermique chauffe le vin et la lie avant l’entrée dans la chaudière et la distillation, grâce à l’eau qui sert à la réfrigération et la condensation des eaux-de-vie. Les têtes vont dans la lie, pour la fluidifier, avant d’être redistillées.

Il porte en permanence un oeil critique et analytique (un autre trait “Famille Guérin”) sur son exploitation. Sa bonhomie faussement lymphatique laisse apparaître un exploitant exigeant, qui ne tolère pas les tuyaux serpentant négligemment sur le sol de la distillerie ou les vignes négligées. C’est l’une des facettes du “perfectionnisme Guérin”, qui s’exprime chez chacun des membres de la famille, d’une façon très personnelle.

Nicolas sait qu’il représente la 4e génération de cette famille qui a permis le développement de la Société Puy Gaudin.

Nicolas voit dans sa famille des forces face aux choix d’évolution auxquels sont confrontés les producteurs de Pineaux. Si les bases sont aujourd’hui posées, de nouveaux défis se présentent. Il demeure vigilant à construire et perpétuer ce qu’il a reçu de ses aïeux.

Il souhaite que ses filles puissent un jour, si elles en ont l’envie, prendre leur place dans la chaîne de transmission de l’entreprise familiale, tant au niveau des vignes que de Puy Gaudin.

Côté produits, Nicolas n’aime rien tant que découvrir et déguster les vieux Pineaux cachés au fond des chais. Capsules temporelles, ils sont tout à la fois des trésors gustatifs, des émotions aromatiques pour les papilles et des sources de souvenirs, de savoir-faire, d’inspiration et d’innovation. Ils sont à déguster le soir, dans la distillerie, accompagnés d’une terrine, pour un apéro entre copains improvisé au gré des visites.

Son amour pour le Cognac le pousse là aussi à des expérimentations, comme ce mélange audacieux Cognac, whisky, crème de whisky et café, au shaker, pas à la cuiller, à servir au fond d’une tasse ! La Famille Guérin n’a pas fini de nous surprendre… laissez vous tenter !