Mélanie Guérin

Vigneronne de la 4ème génération

Un parcours moderne et féminin

Des premiers balbutiements interrogatifs et hypothétiques qui effleurent la conscience de Mélanie, au premier pas dans les vignes en tant que viticultrice, il s’écoule 4 ans, au cours desquels Mélanie va mettre au monde ses deux enfants et mûrir son projet.

En concertation avec son compagnon, indéfectible soutien de la première heure, elle prend le temps de déterminer ses objectifs personnels et familiaux, les valeurs qui l’animent, les concessions qu’elle est prête à accepter. Elle rencontre des femmes viticultrices de Charente maritime, se nourrit de leur parcours, de leurs conseils, de leurs expériences, pour préparer son retour. Ou plutôt, son arrivée.

Le pas est grand : en 2017, Mélanie quitte un monde professionnel qu’elle maîtrise et dans lequel elle est reconnue pour un nouveau métier. Elle revient à zéro, entraînant avec elle son compagnon, qui se lance en même temps qu’elle dans cette reconversion professionnelle.

Elle doit tout réapprendre. Le pari est osé. Elle met en jeu ses relations avec son père, dont elle devient l’élève. Il va la former, lui transmettre les outils, les gestes, les connaissances. Elle devient aussi sa collègue, son appui dans le travail. Elle incarne le futur d’une entreprise dont elle ignore les arcanes. Elle sait pouvoir compter sur son père et ses deux oncles. Elle sait aussi qu’aucun cadeau ne lui sera fait.

Mélanie s’est donnée deux ans pour faire ses armes et prendre un engagement définitif. Au cours de ces deux années, elle forge sa conception de sa vie de viticultrice, de chef d’entreprise et découvre son père en tant qu’homme. Si les conflits naissent de la confrontation entre la conscience du temps nécessaire à Mélanie pour s’imprégner du métier et l’envie d’aller plus vite, ils initient chez son père une évolution de discours.

Mélanie sait qu’elle a tout à apprendre de lui, mais elle entend bien aborder son métier à sa façon, jeune et féminine. Elle utilise les espaces de liberté qu’il lui laisse pour vivre sa vie de femme, de compagne et de mère, tout autant que sa vie professionnelle. Elle refuse de laisser l’exploitation accaparer son temps et son énergie, au détriment de sa famille, de ses amis et de ses passions. Petit à petit, son père accepte et soutient l’expression moderne et actuelle du métier de viticulteur que promeut Mélanie.

Cette modernité transparaît aussi dans l’implication des sœurs de Mélanie. Mélanie est en première ligne, mais elle peut compter sur leur soutien. En véritable binôme, l’une d’elle veille à suppléer Mélanie dans les contraintes familiales, pour garantir à sa sœur la sérénité que nécessite son implication dans la préservation, la perpétuation et le développement de leur patrimoine commun. Leur sororité complémentaire renouvelle l’esprit de clan qui caractérise la famille Guérin.

En trois ans, depuis ces premières vendanges qui ouvrent sa nouvelle carrière, Mélanie a appris et s’est imprégnée de son métier et de son environnement. Elle a trouvé sa place en face des hommes de la famille. Elle révèle et incarne au grand jour les figures féminines qui imprègnent l’histoire de Puy Gaudin, mais restent habituellement dans l’ombre de ceux qui fabriquent le Pineau. Elle utilise sa féminité en atout pour construire sa vision de la conduite d’entreprise.

Elle n’imagine pas le futur sans une place grandissante de l’agroécologie dans la viticulture. Sensible à l’impact environnemental de son activité, elle s’intéresse à la diversité du travail du sol, des intrants. Elle s’implique pour parvenir à une modification des pratiques mécaniques et chimiques et consacre une partie de son temps à la veille technique, tant au niveau des pratiques culturales que des techniques de vinification, du travail des moûts…

Elle défend une communication accrue entre jeunes (et moins jeunes) viticulteurs, pour échanger sur les problématiques actuelles et pour que de la confrontation naissent des solutions profitables à toute la filière. Elle projette pour cela d’intensifier son investissement au sein du Syndicat des Producteurs de Pineau.

Mélanie milite aussi pour désacraliser les bottes et la combinaison. Elle promeut une profession qui réinvente le lien social, met en avant la pluralité des métiers. Elle incite à investir les multiples facettes qui constituent le rôle de chef d’exploitation et non à s’attacher à l’un des aspects, en traitant les autres par défaut.

C’est à ce prix que les nouveaux viticulteurs, hommes ou femmes, trouveront leur épanouissement professionnel et construiront le bien-être personnel essentiel à la réussite de ces aventures.

Cette année, Mélanie a mené ses premières vendanges seule. Les pineaux élaborés avec son père laissent deviner une productrice de Pineau talentueuse et innovante. En compagnie de ce dernier, elle a élaboré un pineau rouge avec macération pelliculaire, qui présente des arômes délicats de framboise. Elle défend et incarne un métier de créativité.

Adepte des petites séries, elle imagine développer des produits spécifiques, pour répondre aux attentes identifiées d’une clientèle particulière. Mélanie sait que la production de masse est une nécessité pour faire face à la demande, mais elle confesse son attrait pour un travail d’orfèvre, soucieux de préserver son outil de travail, son lieu de vie, son patrimoine afin de créer les conditions propices au réveil des gènes du Clan Guérin dans les générations à venir.

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